Le coût émotionnel de la cigarette

Le coût émotionnel de la cigarette

On parle souvent de l’impact de la cigarette sur notre corps (voir l’article à ce sujet « Fumer ou quand le corps dégénère »). On parle beaucoup moins de l’impact négatif du tabac sur nos émotions et sur l’estime de soi.

Il y a maintenant plusieurs dizaines d’années, fumer était synonyme de virilité pour les hommes. Pour les femmes, la cigarette était associée à une forme de raffinement et d’émancipation. Les campagnes de pub étaient passées par là. Aujourd’hui, les choses ont bien changé : fumer est considéré par la société comme une faiblesse : on est dépendant, on a besoin de sa dose, on ne peut pas affronter la vie sans elle …

J’ai reçu le mois dernier un homme d’une trentaine d’années qui désirait arrêter de fumer grâce à l’hypnose. En début d’accompagnement, j’interroge les personnes sur les raisons qui les poussent à l’arrêt du tabac. Chose surprenante, sa motivation première n’était pas la peur de développer une des nombreuses pathologies que l’on voit sur les paquets de cigarette. Ce qui l’a poussé à franchir le pas de ma porte est … la honte. La honte de fumer. Il ne supporte plus le regard de ses collègues à chaque pause-cigarettes : « Encore en pause, t’as toujours pas réussi à arrêter de fumer ». Jalousie, jugements, … Les valeurs de santé et de bien être prennent de plus en plus d’ampleur. Pour une grande partie des non-fumeurs, un fumeur est forcément quelqu’un qui essaie d’arrêter et qui est en échec.

Cette honte ne se réduit pas au monde du travail. Ce jeune homme est papa. Être fumeur ne correspond pas au père qu’il veut être : « je suis essoufflé lorsque je joue au foot avec mon fils ». La toux qu’il a en fin de nuit réveille sa femme et provoque des tensions avec elle. Ces tensions sont d’autant plus grandes que sa femme veut que son mari arrête de fumer : elle ne veut pas être veuve à 55 ans. Afin d’éviter donner le mauvais exemple à son fils, il se cache pour fumer. Ce qui lui donne encore plus l’impression de faire quelque chose de mal et donc de renforcer sa honte. Ce sentiment diminue son estime de lui. Il raconte qu’il a des difficultés à aller vers les autres : « je sens toujours le tabac et je dois me mettre à distance lorsque je parle à une personne par peur qu’elle sente mon haleine ». Comment être à l’aise et écouté lorsqu’on impose son haleine de tabac froid à l’autre ?

Heureusement, cette énergie émotionnelle de honte peut être converti en énergie de changement qui va lui permettre de sortir du cercle vicieux de la dépendance.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *